Le culte familial dans le foyer chrétien

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Jason Helopoulos : Le culte familial dans le foyer chrétien

La majorité des chrétiens évangéliques sont conscients de l’importance du culte personnel et du culte corporatif, mais peu ont entendu parler du culte familial. À croire que cette sphère d’adoration est tombée en désuétude ! Pourtant, dans l’histoire de l’Église, le culte familial a été l’une des plus grandes forces de la famille chrétienne. Tout comme la vie du chrétien est caractérisée par le culte personnel, et tout comme nos rassemblements en tant que communauté chrétienne doivent se centrer sur l’adoration de Dieu, le foyer d’une famille chrétienne devrait être caractérisé par le culte familial. Ce n’est rien de plus que notre réponse familiale à la grâce infinie et merveilleuse de Dieu.

Dans Une grâce négligée, le pasteur Jason Helopoulos nous encourage à utiliser ce moyen de grâce que Dieu met à notre disposition pour nous approcher de lui quotidiennement avec notre famille. L’auteur présente les fondements bibliques du culte familial, tout en expliquant ses avantages, son importance et ses bienfaits pour la famille chrétienne. Il offre aussi plusieurs conseils pratiques afin d’intégrer cette habitude dans nos foyers.

Table des matières

  • Préface
  • Introduction
  1. Des adorateurs : ce que nous sommes – L’adoration : ce que nous faisons
  2. Donnez-moi une bonne raison ! – C’est notre joyeuse responsabilité !
  3. D’autres raisons pratiques ?
  4. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
  5. Notre façon d’adorer Dieu
  6. Ce que le culte familial n’est pas
  7. De l’aide pour l’aventure
  8. Que faire si….
  9. Faites-le !
  • Appendice A : Exemples de structures d’un culte familial
  • Appendice B : Premiers pas avec la Bible et la prière
  • Appendice C : Ressources
  • Appendice D : Catéchismes et credo
  • Notes

 

Des adorateurs : ce que nous sommes
L’adoration : ce que nous faisons

Tout le monde vit pour quelque chose. C’est ainsi. Il se peut qu’on ne soit pas conscient de ce pour quoi l’on vit, mais on vit bien pour quelque chose. Naturellement, ce pour quoi on vit façonne notre quotidien. Certaines personnes vivent pour épargner de l’argent. Elles travaillent tous les jours pour économiser et amasser des fonds. Pour d’autres, leur raison d’être est leur famille.Tout tourne autour de l’éducation de leurs enfants, des matchs de football, des leçons de ballet et des réunions de scouts ; c’est ce qui dicte leur horaire chaque semaine. D’autres vivent pour la détente et le plaisir. Ils ont tendance à vivre seulement pour « passer à travers la journée » ! Ils ont juste hâte d’arriver chez eux pour s’asseoir devant la télévision. J’étais récemment dans un magasin de jeux vidéo pour acheter un cadeau à quelqu’un, lorsque j’ai entendu un employé dire qu’il avait hâte de rentrer chez lui pour jouer à un jeu vidéo en particulier. Il a même déclaré : « Je crois que j’ai été mis sur terre pour jouer à ce jeu-là. » Tout le monde vit pour quelque chose et ce quelque chose façonne nos activités quotidiennes. Cela dit, toutes les raisons de vivre ne se valent pas.

D’une part, je suis reconnaissant que nous n’ayons pas été créés dans le seul but de jouer aux jeux vidéo. Ne vous méprenez pas, je sais apprécier un bon jeu vidéo, mais je crois qu’il y a plus à la vie que d’écraser des champignons et libérer la Princesse Toadstool. Si on n’a pas été créé pour les jeux vidéo, que fait-on sur terre ? Il n’y a rien de plus crucial pour notre compréhension de la vie que le fait que nous avons été créés par Dieu pour l’adorer. C’est ce qui définit l’être humain. Les gens peuvent bien vivre comme si la raison de leur existence était tout autre, mais nous avons tous été créés pour adorer Dieu. Adam a été créé à partir de la poussière de la terre pour être un adorateur. Ève a été créée à partir de sa côte pour être une adoratrice. Voilà ce qu’est l’homme et ce qu’est sa raison d’être. Pourtant, ce n’est pas toujours ainsi que nous vivons notre vie, ou que nous comprenons son but ultime. Pourquoi ? À cause des effets du péché. En choisissant de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam a choisi d’ignorer l’appel de Dieu et de se rebeller (Ge 3). Au lieu d’adorer Dieu en se reposant sous sa dépendance et en obéissant à son commandement, l’homme a choisi d’être indépendant de Dieu et de contrecarrer son règne. Autrefois adorateur jouissant d’une communion parfaite avec Dieu, Adam est devenu un rebelle levant son poing pour défier Dieu.

En fait, nos premiers parents, Adam et Ève, n’ont pas juste choisi d’abandonner l’adoration de Dieu ; ils ont choisi d’adorer quelque chose de complètement différent : eux-mêmes. Le grand péché du jardin d’Éden est fondamentalement un échange d’objet d’adoration. Et l’humanité tout entière est tombée avec eux dans ce premier péché. Toute l’histoire humaine pourrait être décrite comme une histoire d’adoration. L’homme va-t-il adorer Dieu, en accord avec ce pour quoi il a été créé ? Sera-t-il un adorateur en esprit et en vérité (Jn 4) ? Ou l’homme s’adorera-t-il lui-même ou adorera-t-il la création plutôt que le Créateur (Ro 1) ? C’est le grand drame de l’histoire humaine.

Quelle décision fatidique Adam et Ève ont-ils prise ce jour-là ! Toutefois, il ne plaisait pas à Dieu que toute sa création soit silencieuse dans la louange. Il a donc choisi de se racheter un peuple pour lui-même, de sorte que nous puissions l’adorer pour toujours. Dieu lui-même, en la personne du Fils, s’est fait chair, a vécu sur terre, a souffert et est mort pour que nous soyons libérés de la culpabilité, du châtiment et du pouvoir du péché. Les chrétiens sont ceux qu’il a sauvés pour « célébrer sa gloire » (Ép 1.12). C’est la raison pour laquelle nous avons été créés et recréés ! C’est notre raison d’être. Voilà notre plus grand appel et notre dessein éternel : l’adorer. Pour les chrétiens, c’est plus qu’un appel élevé et éternel : c’est le désir de notre cœur. Notre Dieu rédempteur a répandu son amour dans nos cœurs. Dieu a montré son « amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Ro 5.8). L’adorer n’est pas quelque chose que nous devons faire, c’est quelque chose que nous voulons faire. Si nous saisissons ce qu’il a fait pour nous, nous ne pouvons nous empêcher de l’aimer et de l’adorer. Seul un cœur reconnaissant et transformé par la grâce cherche Dieu dans l’adoration.